Aller au contenu principal

Parution de mon 2ème roman policier : La colère de Laurence

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution, aux Editions du net, de mon polar

La colère de Laurence

par Alain Dumas-Noël

Résumé : Un médecin est assassiné dans son cabinet. Ses deux dernières patientes sont en ligne de mire des enquêteurs. L’une est une ex-maîtresse, l’autre une ancienne fiancée. Le médecin était candidat aux prochaines municipales de la petite ville de province, le policier un de ses colistiers. Crime passionnel, règlement de comptes politique, crime de hasard ou d’intérêt…?

Auteur : Actuellement journaliste, auteur de théâtre, de nouvelles (notamment noires) et de roman (notamment policiers), d’abord intéressé à raconter des histoires, et à regarder les choses avec ironie et empathie.

L’ouvrage est disponible en version papier ou numérique :

http://www.leseditionsdunet.com/roman-policier/2000-la-colere-de-laurence-alain-dumas-noel-9782312019130.html

Rappel, du même auteur :

– « Méfiez-vous des amateurs ! » (Nouvelles), version papier ou numérique :

http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748382785

La presse en parle :

(Bruxelles-News/A lire et à découvrir, par Anny Dimelow : )

Méfiez-vous des amateurs ! par Alain Dumas-Noël

Journaliste, homme de théâtre et nouvelliste, toutes les casquettes semblent aller à Alain Dumas-Noël. Il nous livre ici une cuvée de nouvelles fraîches, qui ont toutes le mérite d’aller directement à l’essentiel. Partant d’une bonne idée pour la développer avec une prose efficace et fraîche, le tout est servi par une écriture nerveuse, ironique et bien documentée qui permet de ne jamais s’ennuyer. Mieux, à peine la lecture d’un texte achevée, on a irrésistiblement envie de se plonger dans le suivant. A la fin, on s’interroge naturellement pour savoir quelle est la part du vrai et du faux. L’auteur semble s’ingénier à brouiller les pistes. Procédé à la fois ingénieux et subtil. 236 pages, 25 euros.

– Amateurs, s’abstenir ! (Roman), version numérique :

http://itunes.apple.com/fr/book/amateurs-sabstenir-!/id488944766?mt=11

http://www.amazon.com/dp/B006LADB4A

 

 

 

Publicités

Une personne est passée

Une personne est passée

Il faisait nuit comme il n’avait pas fait nuit depuis au moins une bonne journée. Il pleuvait, par contre, comme souvent. Le vent soufflait de toutes ses forces le long des rues désertées, la pluie seule lui tenait compagnie. Les habitants se terraient, qui dans sa maison, qui à l’accueillant bistrot du coin, lequel offrait un autre atout : il était le seul du village.

La silhouette s’est avancée, sans que nul ne devine sa présence fantomatique et potentiellement inquiétante. Car qui pouvait savoir ce que présageait cette ombre qui marchait recouverte jusqu’aux prunelles d’une vaste cape sans doute noire, chaussée de bottes silencieuses et coiffée d’un chapeau aux larges bords recourbés.

Qui était cette créature, cette obscure sentinelle venue peut-être de l’enfer ou en tout cas de terres lointaines et inconnues, cette sournoise présence qui glissait alentour des maisons calfeutrées dans l’opaque obscurité ? Quelque messagère maléfique envoyée pour quels crimes, quels méfaits encore insoupçonnés et destinés de toute façon à demeurer impunis, et – qui sait ? – ignorés de tous ?

Etait-ce même une personne ou seulement une monstrueuse entité, une menace encore non-précisée mais qui s’abattrait brusquement sans un cri, sans un bruit ?

Cette forme si vaguement humaine s’approchait cependant des maisons, tournait autour, semblait les flairer, vouloir extraire leur essence la plus intime.

Lorsqu’elle fut tout près de la première habitation, elle parut se ramasser sur elle-même et comme prendre à deux mains un courage chancelant. Des plis de son manteau sortit une main, avec laquelle elle cogna dans le volet. Celui-ci s’ouvrit sur le visage blême d’une femme effrayée qui demanda néanmoins, d’une voix dure : « Qu’est-ce que c’est ? Que voulez-vous ? – Qui êtes-Vous ? »

Alors l’ombre montra son visage d’homme en pleine lumière :

« Je suis la sentinelle… – La nouvelle vigie, quoi ! », dit-il.

 

 

Alain DUMAS-NOËL

Rappelle-toi, nos vacances

Rappelle-toi, les vacances

 

C’était l’heure des volets fermés et de personne dans les rues. L’été somnolait, arbres, maisons, brins d’herbe s’engourdissaient. Seuls s’agitaient d’invisibles insectes et rongeurs, à l’abri des taillis, près de la route au goudron presque liquide.

Les humains, abrutis, se terraient dans les cuisines fraîches aux pieds nus, entre réfrigérateur et ventilateur et rêvaient de cascades, de piscines, de ruissellement.

 

Elle et moi étions enfouis malgré la chaleur dans l’édredon parfumé d’une grange. Ignorés de tous et insoucieux de tout – hors le chant et l’exemple de la nature alentour – nous plongions dans notre été personnel, autrement brûlant que celui  dont la radio commentait, ainsi que d’une épidémie, les progrès. Nous passions le plus clair des vacances à mille lieux de ce petit village du Vaucluse où nos parents respectifs nous avaient amenés.

 

Ces vacances, nous les buvions à grandes lampées – Eux dégustaient chaque minute à la paille, attentifs à tout saisir, à embaumer pour l’hiver prochain la partie de cartes, le merveilleux coucher de soleil, le lézard sur le mur… Quand nous jetions les jours, à poignées.

 

X

                                                                      

Ses seins avaient l’air d’être sortis d’elle à la façon de deux bourgeons ayant renchéri sur leurs promesses, qu’elle contenait tant bien que mal de ses bras croisés. On y enfouissait la tête et l’on y perdait tout souvenir, en s’abandonnant comme à une marée qui jamais n’aurait reflué.

J’avais quinze ans, et c’étaient mes premiers. Feux d’artifice de mon premier Quatorze Juillet d’homme, ils se gravèrent dans ma prunelle et mon corps entier, et illuminent encore le ciel de mes souvenirs.

  

Nous passions, chacun avec ses parents, le mois de juillet dans un petit village près de Carpentras. Notre rencontre était inévitable, inscrite quelque part dans le ciel incandescent : nous étions les seuls « Parisiens » (ils venaient de Chartres, et nous de Caen !) à la ronde, et les nouvelles vont vite.

 

Pour que notre idylle reste secrète, nous nous rencontrions le soir, puis le lendemain de bonne heure. Ces rendez-vous aux bornes de la journée nous faisaient maîtres du Temps, nous donnant l’illusion d’avoir dormi ensemble, et de nous réveiller dans le même lit. Nous en faisions parfois le simulacre, d’ailleurs, tendant les bras à l’aveuglette jusqu’à rencontrer l’autre, dans un émerveillement que n’émoussait nullement l’habitude que nous en prenions.

 

Un autre de nos jeux était celui du vieux couple. Nous nous y donnions la réplique avec une parfaite sûreté, inventant au fur et à mesure : des vacances à La Rochelle, cet accouchement difficile (« Forceps ! » marmonnait le médecin, tendu) pour notre deuxième enfant – celui-là même qu’une pneumonie avait failli nous prendre l’autre hiver…

Un sens aigu de la catastrophe nous dictait sans relâche la collection de malheurs et de désagréments (la bague de valeur perdue à la piscine, les valises volées en Espagne) à laquelle l’existence des amants nous paraissait se résumer : la vie de ceux qui s’aiment peut-elle ne pas être cernée de tragique, les incidents quotidiens ne servant qu’à annoncer, à préparer l’anéantissement final ?

Puis l’été nous rappelait à l’ordre, et nos corps.

 

Le maigre reste du temps, nous faisions dans nos familles une figuration tout juste intelligente. Nul d’ailleurs ne s’étonnait de nous voir négliger ces joies des vacances familiales dont nous nous satisfaisions les années précédentes.

 

 

L’été suivant, ma famille changea de villégiature, et nous ne nous revîmes pas. Nos serments, et cette vie commune rêvée avec tant d’ardeur et d’imagination, tombèrent dans le néant. Nous nous écrivîmes bien encore un peu, tentant de ressusciter l’ardente saison. Puis plus rien.

 

Mais voilà que sur un site de retrouvailles, j’ai reconnu ton nom et que je t’écris. Tu te rappelles, nos vacances ?

 

 

Alain DUMAS-NOËL

                                                                       

                                                                 

 

 

 

Hello world!

Welcome to WordPress.com! This is your very first post. Click the Edit link to modify or delete it, or start a new post. If you like, use this post to tell readers why you started this blog and what you plan to do with it.

Happy blogging!